Qui est Louise
Je m’appelle Louise et j’écris ce site. Pas de titre à faire valoir : des étés passés dans une salle de lecture d’archives départementales, à demander des liasses de procédures criminelles d’Ancien Régime et à les déchiffrer lentement. J’y suis entrée par curiosité, j’y suis restée par entêtement. Ce qui m’a retenue n’est pas le pittoresque, c’est le contraste : d’un côté des juges méthodiques, un formalisme impeccable, des greffiers consciencieux ; de l’autre un crime qui n’existait pas.
Ce que ce site contient
Chaque article suit le même ordre : ce que les sources établissent, puis ce que le mot recouvre aujourd’hui. La chronologie et la procédure dans procès et chasses. Les dossiers nominatifs — poisons, Loudun, Labourd, Salem — dans grandes affaires. La fabrication savante du sabbat dans sabbat et croyances. Les plantes réellement citées et la thèse de la sage-femme dans herbes et savoirs. Le chapeau, le balai et le nez crochu dans contes et images. Et de Michelet à WitchTok dans la sorcière aujourd’hui.
D’où viennent mes chiffres
Le premier réflexe est toujours la date. Beaucoup de ce qui circule sur le sujet se désintègre à cette seule question : les grandes chasses ne sont pas médiévales mais se concentrent entre 1560 et 1630 ; le chapeau pointu est un accessoire du XIXe siècle ; la wicca est née dans les années 1950. Rien de tout cela n’est caché, il suffit de regarder quand.
Quand je donne un chiffre, il vient d’un dépouillement publié, pas d’une estimation de seconde main : les travaux nationaux sur les archives judiciaires pour les 40 000 à 60 000 exécutions, les minutes de procédure pour les affaires nommées, les éditions critiques pour les traités de démonologie. Quand les historiens ne s’accordent pas — et c’est souvent, sur la co-signature du Malleus, sur le poids réel de la torture, sur les totaux régionaux — je l’écris au lieu de choisir le chiffre le plus frappant.
Ce que je laisse de côté
Je ne me prononce pas sur les pratiques contemporaines. Je donne leur date de naissance, leurs sources et ce que les archives disent de ce dont elles se réclament ; le reste ne me regarde pas. Je ne donne pas de recette, de préparation ni de dosage pour les plantes citées dans les procès : la belladone, la jusquiame et la mandragore tuent, et les intoxications accidentelles sont documentées chaque année. Je ne donne pas d’avis médical. Et je décris les tortures et les exécutions avec le détail que le dossier exige, pas davantage — ces femmes ont eu assez de spectateurs.
Comment ce site est financé
Par des liens sponsorisés et des articles partenaires, signalés comme tels. Deux règles que je m’impose : aucun contenu relayé qui promette un résultat — désenvoûtement, protection, retour affectif — et aucun lien commercial glissé dans une page qui met en garde. Si un article vous paraît complaisant, écrivez-le-moi, je le relirai.
Pour me joindre
Une correction, une référence, un fonds d’archives que je devrais regarder, une proposition de partenariat : contact@sorcieres.org. Je réponds à tout, et une erreur corrigée est signalée en bas de l’article.
Trois questions qui reviennent
Louise, êtes-vous historienne ?
Non, et je ne me présente pas comme telle. J'ai lu beaucoup de minutes de procès en salle de lecture et beaucoup de travaux universitaires, c'est tout. La conséquence pratique est simple : je cite mes sources et je dis quand les historiens ne s'accordent pas, plutôt que de trancher à leur place. Les corrections sont bienvenues et elles sont signalées en bas de l'article.
Pourquoi insister autant sur les dates ?
Parce que la moitié de ce qui circule sur le sujet ne survit pas à la question. Les grandes chasses se concentrent entre 1560 et 1630, pas au Moyen Âge, qui tenait le vol nocturne pour une illusion. Le chapeau pointu date du XIXe siècle. La wicca des années 1950. Rien de cela n'est caché : il suffit de regarder quand chaque élément apparaît.
Donnez-vous des recettes de plantes ou de rituels ?
Non. Les plantes citées dans les procès — belladone, jusquiame, mandragore, datura — sont gravement toxiques, avec une marge étroite entre l'effet et l'arrêt cardiaque, et elles provoquent encore des intoxications accidentelles. Je décris leur pharmacologie et ce que les sources en disent, sans préparation ni dosage. Pour les rituels, je décris ce que les textes rapportent, sans mode d'emploi.